samedi 16 mars 2013

S A T U R D A Y




Saturday morning
All a day to sing
Never never mind
What the hours bring
Where flies off your mind
Drifting on a wind
Lazing in the wild
Loosely arriving
Where the rivers wind
And the mermaids sing



mercredi 13 mars 2013

The Moon in Mind



Imagination in a lovely place

Shall build a tiny skin for a funny world

Dear Moon of the lady dove and the lover's mind

Your time will come to get in home

without leaving your wings behind


dimanche 10 mars 2013

Temps mort



Un temps
Mon cœur
Attends
Cela n'aura qu'un temps
Autant ne pas œuvrer
Trop vite en la matière
Féconde des pensées
D'où naissent les idées
Qui font le sang verser
Dans la coupe que tend
L'effort lame aiguisée
Par l'Homme
A tout
Instant


dimanche 3 mars 2013

Sacré-Cœur



Ah Sacré Sacré Cœur
Quand Il te prend matin au corps
Et qu'Il t'élève sans effort
Jusqu'en des mondes de douceur

Ah Sacré Sacré car
Il peut changer la donne quand
Le long désert où tu t'égares
Semble sans fin Folie fredonne

Un chant qui vient gonflé d'accords
Te rappeler qu'en chaque coin
De l'Univers résonne encore
Les voix des mille amis de loin


samedi 2 mars 2013

U



Au cœur des temps de crue
Je vous aimais repu

Comme j'avais tant cru
A l'ininterrompu
Du cours des fleuves bus
Comme j'avais perçu
Dans l'humide le U
Du nom de l'inconnu
Qu' Ulysse avait reçu
Des seins de Calypso

Mais nous sommes des sots
Nous allons à val l'eau
Et l'Utopie dans l'eau
Odysseu le sait
Conduit à l'autopsie
De la folle Psyché

Je descendais du haut
D'un U courbe en son bas
Et sur l'autre versant
Balancé de ses bras
Je la vis s'effaçant
Qui s'éloignait de moi


vendredi 1 mars 2013



Je vous aime de loin
Comme on aime l'oiseau
Qui n'est guère qu'un point
Dans le ciel
Et dans l'eau


dimanche 24 février 2013



Les cœurs humides
Fondent plus vite encore
Au soleil des yeux verts
Qu'en un désert aride
S'engouffre l'eau des airs
Dans les rides des corps
Et les plinthes des terres





dimanche 10 février 2013

Cycle



Quand l'année du Serpent
Te pend au nez
Le temps des changements
Peut bien sonner

Le Verseur d'eau répand
Pour mieux drainer
Des morts et des vivants
L'eau bien-aimée

L'arcane du Sans-Nom
Sera nommée
Comme tout ce qu' Elle prend
S' y reconnait

La Mue est plus profonde
Que l'est la Plaie
Et jusqu'au cœur du Monde
Tresse l'Année
La peau de l'Anaconde

Tombe et Renais




samedi 9 février 2013

Le jour dit du non-temps



Le jour dit du non-temps, ne le réveillez pas : on laissera le jour décider où la nuit débutera son cours, on plantera l'aiguille des horreurs et des mines dans le noir cul de sac opaque de l'oubli, on nagera longtemps sans savoir bien vers quoi, on passera le cap des sirènes mornées, où l'on déjeunera de rêves éveillés, dans une assiette à trous, pour que les aliments puissent mieux respirer, avec une fourchette en forme de nuage, parce que le contraire serait trop volatile, on mangera aussi des siestes à la framboise, des hamacs à la fraise et de l'eau parfumée à l'ombre des Tropiques, on perdra pied souvent, mais pas deux fois le même, quelquefois on dira des choses sans pareil avec l'accent léger des oiseaux xylophones, des choses comme ça, qui changeront de sens à chaque unique fois qu'on les prononcera, qui changeront de sons et seront éloquentes, comme une page blanche qu'on plierait en bateau. Alors, on y embarquera tout ce monde changeant, comme Noé jadis, on lèvera la voile, on laissera le temps sortir de son coma, on aura pris bien soin de lui laisser les clés du cul de sac où sont bien cachées ses aiguilles - car il y a des gens qui perdraient mieux la vie que de perdre leur temps, il faut penser à eux, c'est aussi ça l'altruisme, un lieu de compromis, bien trop compromettant -, mais quand tout reviendra, le temps et ses aiguilles et le monde qui court en confinant la vie, nous serons loin déjà, la voile en papier blanc aura battu des ailes, comme le grand navire léger de Peter Pan, et nous voyagerons de non-temps en non-temps, à la recherche du secret du Petit Rien, qui fait tourner la vie, lentement, lentement...



dimanche 13 janvier 2013

Science-fiction et mouvements lexicaux



Un monde où tout contact humain s'établirait toujours, par connexion instantanée réciproque et formulaire préalable administré d'office, redéfinirait, par là même, la valeur intrinsèque de l'acte nommé viol, hissant celui-ci au plus haut échelon de résistance humaine : le viol n'étant plus alors celui d'un corps étranger, mais d'une interdiction et d'une rétention de chacun en soi-même.

Au delà de toute la bavarde science-fiction que cela entraîne, un pareil scénario, certes pris au rabais, actualise au moins ceci :

Le monde change, les termes demeurent, mais leurs enjeux et leurs connotations, morales et politiques, en sont profondément, chaque fois, bouleversés : parce que l'image et la couleur que chaque mot projette, soumises aux aléas des vents contradictoires, sont aussi illusoires que les mondes nimbés qui s'agitent en haut...



vendredi 11 janvier 2013

Dialogue



Qu'as-tu fait de ton lit ?

Je l'ai rempli, répondit le fleuve, avec ce que le ciel m'a envoyé de pluie, fugace et clandestine, comme tous les vivants qui habitent mon cours, et vont s'éternisant, au-delà de leurs jours, au fond de mon abîme, où s'éteint ce qui fut et renaîtra racines, emportées loin de moi, mais recueillant un peu de cette pluie des cimes, que la vieille machine, à jamais, me destine.



jeudi 10 janvier 2013

De sagesse lasse



Nous confondons trop souvent sagesse et indifférence.
Tout se passe comme si la vertu essentielle du sage était de laisser faire. Vous dîtes à un enfant "sois sage" et l'enfant, qui ne sait pas encore le sens perverti de ce monosyllabe, comprend "ne touche à rien", et l'enfant, par la même, a déjà tout compris.

Être sage, c'est avoir eu toujours les mains blanches de tout, c'est, du reste, se laver les mains de tout ce qui nous gêne, du beau ou bien du laid, du rire ou de la haine, c'est n'en avoir au fond strictement rien à faire d'être ici ou là, là ou là-bas : c'est épouser la cause du lâche qui s'en bat...

Ce sage là est bien plus répandu qu'on ne le croit : il sourit vaguement, et le monde applaudit son calme mesuré et maîtrise de soi, qui ne cachent rien tant qu'un lourd mépris de tout.
Ce sage là n'a jamais été partisan d'une idée bien à lui : profitant à l'étale d'un courant modéré, il n'a hissé la voile qu'au moment d'être vu, afin d'être admiré.

Le véritable sage est quant à lui bien rare : et pour cause, à peine sait-il penser qu'il a déjà un pied posé sur l'échafaud, et l'autre pied grattant le sable du mensonge, pour révéler le Vrai, avant le coup de faux.

Car à la vérité, l'ancien métier de sage n'est jamais à envier : les vieux sages fleurissent dans des contrées en paix, où leur bonne sagesse ne leur servira guère qu'à nourrir en mourant des théories de vers ; et le plus jeune sage, des pays bien en guerre, ne passe pas tant de saisons, car la sagesse enfin n'a jamais constitué qu'un manteau bien trop fin pour supporter l'hiver.

Alors, devant l'équation lasse, qui tend à faire du sage un mort, un isolé, ou juste un pauvre con, j'admets pour vérité cette phrase d'Amiel, allègre de promesses,

Le monde est à la Volonté
bien plus qu'à la sagesse






mercredi 9 janvier 2013

D'un souvenir plein, d'un amour vide



Nous perdons tout, partout, toujours, et c'est plus fort que nous : nous ouvrons la main et le coeur en même temps, et Tout s'enfuit, et Tout semble si flou, que même les yeux les plus avertis n'y reconnaitraient rien, n'y verraient que le Vide ayant chassé le Tout : le Vide, toujours plus fort que tout, le Vide ensemenceur, créateur, sans vergogne, de vacuité pérenne, qu'il nous faut accepter, puisque nous perdons Tout...


samedi 5 janvier 2013

La Nuit



L'Homme, déconnecté du monde,
connaît alors
La Nuit,
infini des possibles de l'Imaginaire,
espace enclos jadis par une cloison d'yeux
trop regardants,
et qu'une inclinaison vers des yeux plus discrets
- mais combien plus brillants -
rend à sa liberté, 
apprise de non temps.


mercredi 5 décembre 2012

Manifeste des langues-à-chanter (De la nécessité d'une dérive bienveillante de la langue embarquée)




Il ne s'agit pas d'être, à coup sûr, lisible pour certains, mais d'être potentiellement compris par tous : l'inverse est également vrai, également faux.

Il s'agit, dans l'absolu, de ne pas affirmer deux fois avec certitude ce qui peut être énoncé, la troisième fois, avec hésitation.

La musique peut résoudre le paradoxe, parce qu'elle n'est pas soumise à la nécessité de convaincre : c'est pourquoi elle est - peut être - universelle.

Au fond, Il ne s'agit pas de dire, moins encore de faire dire,
il faut
chanter
sans faire
chanter,
donner 
à voir
le mot
qui coule
en faveur
de l'autre
sans y attacher
de sens
défini
d'avance

Être dans la langue
comme une feuille à la dérive
ou comme le noyé
un simple îlot de sons
flottant magnétisé
par la berge électrique

d'un fleuve de parlers



samedi 10 novembre 2012

The fool on the hill




Like the fool on the hill
And the freak in the jail
ill with so loneliness
With dealing in darkness
Searching in dust and mess
For a body to bless
you won't trust anymore
Anything you might guess
As you look for a sign

Visible less and less.



dimanche 7 octobre 2012

Story of the hidden key



You know sometimes a key opens several doors, but most of time the door you aim to unlock has none of a single key, for there is some very strange way to unlock doors you just can't get before the door itself opens, and offers you the key... 

- and then a cup of tea, if it is five o' clock !



vendredi 5 octobre 2012

Childish eyes




If you don't see anymore yourself as a child on the water, then go off, far away from this riverside to another, and sing as you might have never sung before, since you own absolutely no identity, out of the reflection of your face in those childish eyes, same as yours, sometimes...



Les mots muets



Ta parole est rendue publique en faisant fi de l'essentiel : une criée de mots que tu ne diras pas.
Le coeur n'est point bavard, c'est la langue qui sait fort bien manier le leurre, afin de détourner l'attention publique, de l'averse intérieure des mots tombés du coeur, vers le jet maitrisé, synthétisé sans fin, qui ne dévoile rien qu'une pensée commune, publiquement donnée à lire dans les unes, amalgamées, pesées, proportionnées d'avance à l'étiquette blanche, qu'on colle sur nos bouches...



jeudi 4 octobre 2012

Feu !




Feu, beau Feu !

Quand Il rencontre Terre, et Vent,
Et qu'Il soumet aussi
L'Océan
A l'âme du Volcan. 

La préhistoire du Monde est à portée de bois...