dimanche 16 octobre 2016

La lune des possibles





Il est possible que les potentiels qui nous habitent s'activent à plus ou moins bon escient.
Il est possible que nous recevions des énergies des éléments qui nous entourent, des êtres qui s'animent autour de nous, d'une lune rotonde, au périgée de sa distance, et d'un flux alterné du va-et-vient des eaux.
Il est possible qu'un frisson avant-coureur nous signale soudain l'imminence de l'âme, qui remonte et revient prendre l'air en surface.
Il est possible que nous ne soyons pas toujours tous aussi réceptifs à l'appel lointain d'un ange entre deux mondes.
Il est possible que la lumière nous aveugle, et nous heurte et soudain, nous abreuve de joie.
Il est possible que nous ne comprenions pas tout, il est même probable qu'on n'y comprenne rien.
Il est possible aussi que quelqu'un nous sourie, et que ce sourire-là éveille en nous des larmes.
Possible que la fleur fanée couchée à terre
réveille ses pétales

Possible qu'il nous faille admettre l'ineffable
Possible que l'assise refuse d'être stable
Possible que l'aimable soit mis au banc des tables, des choses respectables
Possible qu'il se dise qui m'aime dans ce monde
Possible que chacun se le dise à la ronde
Possible que l'on parle en rébus ou en prose
Possible qu'une étoile ne brille jamais n'ose
Etinceler le ciel probable qu'une rose
Jamais ne s'émerveille

Possible qu'on ne puisse être égaux ou pareils
Possible que non rien ne vaille qu'on essaye
Possible qu'un soupir ne trouve réconfort
Possible que chacun se terre dans son fort
Possible qu'on ne parle que pour calmer les morts
Possible aussi peut-être que l'on raisonne à tort
Possible que possible soit un mot déjà mort
Mais possible qu'il t'aide à regagner le port

Possible qu'une nuit tout devienne enfin clair
Possible que tu sentes jusque dans tes artères
Le sens des atomes le mouvement des mers
Possible que tu sois un bout de cette terre

Possible que cela prenne une vie entière
Possible que la route te conduise aux enfers
Possible qu'il te faille enlever mille pierres
Possible que tu traines à tes pieds quelques fers

Possible qu'aucun dieu n'écoute tes prières
Possible que tes mots aillent dans les ornières
Des camions titubants des tubes des goutières
Possible qu'aucun phare n'allume ses lumières

Possible que la lune ne soit qu'un réverbère
Que des agents allument payés à coups de bière
Possible que lassés de leur maigre salaire
Quelques jours dans le mois ils ferment les paupières

Possible qu'on ne soit que le fruit d'un fantasme
Possible qu'un beau jour, elle se réveille l'âme
Amoindrie de ses formes, simple rêve d'un phasme
Assoupi sur la mousse épiphyte d'un chêne

Sous la lune éphémère
Qu'une bougie enflamme




Le tailleur reprend...





Taille ta joie
Taille ta route
Taille ta flûte
Dans le roseau qui plie mais ne rompt pas
Taille ton amour dans le bois
Taille ta hutte
Dans les sous-bois

Aux premières heures du jour
Au tout petit matin

Taille une trille
Un tremblement
Taille un tambour
Un talisman

Taille un bâton
Si tu gamberges
Si tes jambes ont besoin d'un pont
Si tu peines à gagner la berge

Taille un nuage
Taille un flocon
Dans le coton sur une page
Si tout ton corps se met en nage
Si ton coeur a besoin de neige

Taille un sommet taille une montagne
Dans le désert taille un mirage

Taille et affute ton esprit
Taille avant tout quelque outils
Avant la nuit avant l'oubli
Taille ta route dans un cri

Taille dans les murs l'évadée belle
Avant qu'ils n'aient planché le pin
Avant que même avant Noël
Le soir ne sente le sapin

Taille mais taille mais taille bien
Qu'un sentier saille de tes mains
Taille mais taille mais taille loin

Un rêve long comme un chemin





samedi 15 octobre 2016

Le tailleur dit à l'apprenti...





Taille ta joie
Taille ta route
Taille ta flûte
Dans le roseau qui plie mais ne rompt pas
Taille ton amour dans le bois
Taille ton chemin
Dans les sous-bois
Aux premières heures du jour
Au tout petit matin
Taille une trille
Un tremblement
Taille un tambour
Un talisman
Taille un baton
Si tu gamberges
Si tes jambes ont besoin d'un pont
Si tu peines à gagner la berge
Taille un nuage
Taille un flocon
Dans le coton sur une page
Si tout ton corps se met en nage
Si ton coeur a besoin de neige
Taille un sommet taille une montagne
Dans le désert taille un mirage
Taille et affute ton esprit
Taille avant tout quelque outils
Avant la nuit avant l'oubli
Taille ta route dans un cri
Taille dans les murs l'évadée belle
Avant qu'ils n'aient planché le pin
Avant que même avant Noël
Le soir ne sente le sapin

Taille mais taille mais taille bien
Qu'un sentier saille de tes mains
Taille mais taille mais taille loin

Un rêve long comme un chemin




dimanche 28 août 2016

Le manque et le plein






Tantôt la voix te manquera
Tantôt les gestes te feront défaut
Tantôt le monde autour de toi
disparaitra
Et tu te feras mime
Pour le réinventer



Tantôt tous tes sens en éveil
Tactile, sonore et visuel
Donneront vie à la merveille
Celle qui danse chante et tient
Dans ses mains ses yeux de géant
Et ses lèvres de magicien
Le mystère du Monde plein
Que l'alliance des sens éveille

Mais que tu plénifies le manque
Ou que tu évacues le plein
Aucun des deux n'est souverain
Un branle pérenne les disloque

Et les retient




mardi 23 août 2016

Colors




For with many colors

We'll be really happy



lundi 22 août 2016

Entre les lignes





Pour qui sait lire entre les lignes
Qui sait flâner entre les fleurs
Qui se souvient Charlie Chaplin
Les rires appellent aussi les pleurs

Il y a des terreurs qui fascinent
Et quelques Saints qui eurent peur
Et des essaims qui assassinent
Et des lumières où l'on meurt

Il y a dans les champs des rapines
Et dans les hymnes des douleurs
Et des noyés dans les salines
Et dans les joies quelques malheurs

Et puis il y a dans tous les coeurs
Comme dans l'amour un peu de spleen
Dans les sourires des rancoeurs
Et dans les roses des épines

Mais il y a entre les lignes
Dans la seconde d'avant l'heure
Pour qui sait y chercher des signes

Il y a l'ombre

des âmes soeurs




dimanche 21 août 2016

Complice idée





A la fin d'une phrase sans point
En suspension gênée
Si tu te rends complice
Des doutes amenés

Tu marqueras un rire
Un sourire approché
Et même sans mot dire
Comme fait un ricochet

D'une pierre sur l'eau
Rebondira l'idée

Encouragée bientôt
Par une perche aidée

Appaisée par le flot
D'un silence échangé




mardi 16 août 2016

Je n'ai aimé que toi





Ce n'est pas parce que nous manquons d'amour
Que nous devenons bête
Mais parce que nous ignorons en nous
L'instinct de la tendresse
Que nous devenons loups
Solitaires des fêtes
Que nous devenons fous
Cyniques chiens en peine
En pénurie de tout
Ce qui fait dire amen
Ce qui fait le houhou
Des hiboux et des chouettes
Ce qui fait tout le goût d'une vie
Cette penne
Qui donnerait enfin
Des ailes en duvet doux

Mais d'où vient cette aubaine
De pouvoir survoler
Les cimes les ravins
Les racines des hêtres
En robe de satin
En tunique romaine

Je survolais la Seine
Je n'avais ni plus faim
Ni plus aucune peine
Parce que loin du monde
J'avais trouvé le sein
Qui circule en nos veines

Ce sang qui perle aux mains
Et qui au coeur abonde
Et qui donne le sens
A nos moindres chemins
Ce songe qui sentence
Les rêves des humains

Et qui donne les mots
Au sourd muet qui chante
Au fil des flots fontaine
D'une eau pluie de fado
Rivière de riveraine

Oublie les olympiades
Et pense aux désirades
Elles valent la médaille
Pour les pauvres sanglots
De nos coeurs gros si gros
Qu'ils chevauchent les failles

Des routes les défauts
Ce précipice où tombent
Les pas des sans prière
Les yeux des cent secondes
Où le coeur bat mais bat
Tant est qu'il nous innonde

Nous nageurs loin en bas
Nous regardons le monde
Et nous sentons le froid
Qu'il fait dessous la tombe
Où se prostituaient
Les anges les colombes

Et nous sentons l'effroi
Qu'il fait sur la rotonde
La Terre où je suis né
Où lacrimale ancrée
J'ai jeté l'encre seiche
Comme on dresse un décret

Que seule tu comprendras

Je l'ai écrit pens[é]
Aux veines de mes bras
Car sans t'avoir connue

Je n'ai aimé que Toi




dimanche 7 août 2016

Confession sans concession





En fait de justification
S'ils insistent trop
Si le juge te jauge
Si les anges t'assiègent
Fixe les yeux au ciel
Et dis leur tout de go
Comme s'il s'agissait
De ton dernier sanglot
Ta dernière promesse
Ton tout dernier manège

J'ai cramé bien des mèches
J'ai bu plus que de l'eau
J'ai menti j'ai trahi
J'ai piqué trois euros
A une grosse enseigne

J'ai rêvé tant de fois
Que je marchais sur l'eau
Que mes pompes imbibées
Ont regagné le large

J'ai mangé au rabais
J'ai écrit dans la marge
Tu rotais l'alphabet
De ce truc j'étais barge

J'ai vu des poissons verts
Et des gothiques roses
J'ai embrassé des causes
Eructées dans des bars

Certes je dois l'avouer
Je n'ai rien inventé
Pas même le carré d'as
Ni même le haut-de-forme
Et encore moins la basse
Ni même aucune norme

La règle des couleurs
Je l'ai prise à un gnome
Qui courtisait la fleur
De la fée Géranium

J'ai croisé des hippies
Quelquefois des médiums
Des prophètes souris
Sous l'effet de l'hélium

J'ai cru à la patrie
Puis j'ai bu au veau d'or
Quand j'ai vu l'avarie
J'ai courtisé le sort

Au fond j'ai toujours su
A temps changer de bord
Quand la marée bossue
Allait manger le port

M'en voulez pas de trop
A défaut de chemise
Si je change de peau
A la première mise

Je suis juste un accroc
A vot' plus belle mise
Je suis juste l'idiot
Qui crie terre à Venise

Tu leur diras tout ça
Et puis s'ils te disent
Montrez votre visa
Tu leur feras la bise

Et puis tu partiras
Il y a bien des cieux foux
Bien loin du paradis
Il y a des enfers doux

Tu y poseras tes pennes
Tu y planteras des choux
Et tu diras Revienne

L'enfance sur mes joues




vendredi 5 août 2016

Obrigado pela lingua





Ouvindo essa palavra
Là na primavera
Duma primera vez
Ouvindo da sua
Boca

Pela janela do meu coração
Pela ação do vento
E do ar que conduz
O som e as veces
Algo do sentido

Não entendi o que era
Nem sabia a sua lingua
So escutei o som dela

Nostalgia leve duma idade de saude
Ou lembrança doce da amizade dos anjos
Tudo isso por magia
Numa so palavra

SAUDADE

Quem sabe bem o poder duma so palavra ?

Desejo para você
Desconhecer tudo
E esquecer também ate o seu nome
Para aprender de novo
Cometendo erros
Errando sem vergonha
Por todos os caminhos

E poder um dia falar
Como se fosse por magia
Na orelha de quem
Lhe hospedaria

Obrigado pela lingua




mercredi 3 août 2016

Pour dessiner un monde




Pour dessiner un monde
Et pour pouvoir y vivre
Pour que l'air y abonde
Et le vent qui rend ivre

Il faut un peu de tout
Beaucoup de petits riens
Des couleurs des atouts
Et du mal et du bien

Il faut de l'optimisme
Et des accordéons
Un poil de noir cynisme
Des larmes et des violons

Il faut aussi des mômes
Des gosses et des gamins
Des goules et des gnomes
Et du hasard la main

Il faut des oreillers
Pour les très longs matins
Et des gens éveillés
A l'aube des lutins

Il faut un peu de si
Et beaucoup de cela
De vieilles gens assis
D'autres debout Voilà

L'ébauche du dessin
D'un monde comme il faut
N'y mets aucun dessein
Il faut du vrai du faux

Les gens se débrouilleront
Pour démêler tout ça
D'un maladroit brouillon

Un beau tableau naitra



dimanche 29 mai 2016

Gamin !




Les compromis puants m'auront à petit feu
Vas-y gamin gaiement flanquer dans le guépier
Ton poing et ta colère dans ce fumeux fumier
Et pardonne-moi encore de n'être qu'un affreux

Citoyen de mes peurs rentier de mes déchets
Moisissure nourrie par des milliers d'années
A dire oui demain Demain je me lèverai
Mais la sieste est bien longue et tu sais bien au vrai

Combien d'hommes si peu se lèvent sans ciller
Et se vêtent de hargne et s'en vont affronter
La fronde au point levée sur la tempe l'épée
La misère et la haine qu'il nous faut essuyer

Comme on s'essuie les mains que l'on s'est bien lavées
De tout ce qu'on approche car tout est bien trop loin
Pour nous ternir les yeux pour nous serrer les poings
Car la mise est trop grande pour se prendre à rêver

A ce monde meilleur qu'on ne t'a pas laissé

Alors les compromis tu leur diras du vent
Ton poing et ta colère tu sauras les dresser
Tu flanqueras des ruches en lieu de nos guépiers
Et quelque part un jour, tu chanteras rêvant

Vas-y gamin gaiement
Au bout du chemin cours
Vas-y gamin gaiement

Mettre au monde l'Amour



dimanche 22 mai 2016

On the road again




On the road again
On the road again

We'll meet girls and gods
We'll eat as do dogs
We'll drink early rain
We'll need nothing more

On the road again
On the road again

We'll read some books
And we'll ride some bikes
We'll fly like birds
And we'll feel new borns

On the road again
On the road again

We'll walk on our feet
We'll walk on our head
And we'll cry a bit
But we'll laugh 'till death

On the road again
On the road again

We'll improve our will
Oh we'll find good groove 
As we'll sing some songs
About suns and souls

On the road again
On the road again 

I will guide you boy 
I will guide you girl 
And god we'll go high 
Oh guy we'll have got 

Something there's a lot 
On the damned road 

Something we all need 
But we all have lost 

Out of the road 
There's a lot of pain 

But say we'll go son 
On the living way 

Oh soon we'll be gone 

On the road again




lundi 16 mai 2016

Conduite...




Tu apprendras à diriger ta propre vie
Comme si c'était ta dernière vie
Comme si c'était ta dernière carte
Et qui sait après tout peut-être
Sait-on bien quel coup de poker
Quel coup du Sort qui perd qui sort
Qui bluffe et qui devant conduit
La barque et peut-être personne
Nul autre enfin que toi pas lui
Juste un écho au loin résonne
Le conducteur s'était enfui
Alors enfin oui tu demeures

Seul maitre à bord

De Ta Personne



dimanche 15 mai 2016

L'embouchure du cercle




A mesure que ton coeur s'étiole,
Grandit l'irrésistible envie 
De picorer le monde

Comme cette poule épaisse
Dont l'œsophage guide
Le hochement sans fin
D'une besogne immonde

Assouvir cette faim
Renouvelée sans cesse
Comme on remplit la cruche
Qui toujours se renverse
Ou se vide en chemin

Comme un feu boulimique
Au ventre distendu
Dévorant tel un ogre
Brindilles branches et bûches

Comme l'abeille esclave
Du rendement des ruches

Comme la routine ronde
De l'aiguille captive
Qui marque les secondes
Dans l'attente lassive

Que le destin trébuche



mercredi 13 avril 2016

Là où tout commence...




Le vent sacrifiait les villes inutiles
Et sur nos têtes hélas ne te fais pas de bile
Il ne tombait plus lors ni neige ni sybille
Ni prophétie de paix ni même aucun idylle

Ne venait éveiller nos âmes hémophiles

Et le froid revenait pour mieux te réchauffer
Il faut à l'homme effroi et grêle pour aimer
Se souvenir du coeur qui bat comme damné
Sous l'épaisseur des peaux qui tombent chaque année

Sous l'épaisseur des os le muscle tient l'apnée

Et pour qui la tient-il A quelle performance
Et à quelle fierté s'obstine sa romance
Est-ce démon en lui qui guide sa démence
Et à quelle passion se forme sa patience


La ville s'éveillait Le vent semait semence

Dans mon village au loin dansait une ombre dense

Elle dit prends moi la main c'est là que tout commence

Le vent faisait valser les âmes en silence



lundi 28 mars 2016

The happy funky singing walking cowboys




Deux ou trois cowboys, garçons de vache, sur un cheval au grand galop, disaient à la nuit noire les songes, les sanglots, tandis qu'au loin, halo, de la lune naissante, où se mêlaient les mots, émancipait l'espace, que le vol des oies, les sauvages oiseaux, étirait tout là-bas, jusqu'aux dunes lactées, et jusqu'à l'océan, l'oasis des yeux, que l'esprit, grand marin, saurait appréhender...

Naviguer, sur la mer, étendue de ton corps, dans le blanc dilaté de tes yeux pavés d'or... Poussières de nos amours passées, ainsi parlaient leurs coeurs, en proie au grand brasier...

C'est alors que l'un d'eux se mit à chanter :

God save my love
God save our soul
God save our will
Our god above

Et le deuxième se mit à jouer
sur trois accords,
d'accord d'accord
juste pour pas
Ne pas tomber
Tenir encore

Et le dernier,
le plus jeune des trois,
De loin le plus entier,
Se figea dans l'air froid
Et mit un pied à terre,
Et ses yeux s'embuaient
Il regarda la mer
Et se mit à danser...



mardi 5 janvier 2016

Positive imposture




L'imposture serait la marque d'une volonté toujours prête à changer de bord, pour mieux atteindre l'objet convoité... 
(La réponse du caméléon polymorphe à la rigueur étriquée d'un monomorphisme de statue)

Et cependant, même les murs savent l'art élégant, et la nécessité de travestir le roc...?


Donc l'imposture est universelle.

Mais n'est-ce pas là que débute le mensonge ? 

C'est là qu'il est susceptible de naître. Comme le lait peut tourner, cailler ou fermenter, l'imposteur peut simuler et, par suite, s'enliser dans sa simulation, ou au contraire véritablement devenir l'objet de son imposture. Le vrai menteur est un imposteur qui ne s'assume pas en tant que tel : il simulera d'abord, dissimulera ensuite, sans jamais parvenir à franchir, d'un pas sûr, ce cap nécessaire à toute vie sur terre : route du devenir ! 

Le diable peut bien jeter ses cornes à terre, surmonter son chef d'une auréole, et rejoindre les rangs des luttes humanitaires : qui prendrait la décision de l'en empêcher, au nom de la permanence des étiquettes, serait pareil à ces individus qui clament, haut et fort, en guise de cadeau de consolation : "eh c'est la vie, c'est comme ça ! et on peut rien y faire !" 

Mais justement, on peut y faire ! L'imposture n'est pas une pierre tombale, non plus un cul-de-sac : c'est une escale, une porte d'entrée sur d'autres vies possibles : l'imposteur ne ment pas : il improvise, avec son intuition, sa sensibilité du moment : il est un Jean Valjean, fraichement sorti du bagne, et qui entrevoit dans le scénario de départ, un autre rôle possible, un autre personnage, un autre masque de vérité, un masque mouvant, malléable, sensible, pour faire tomber enfin les masques de routine, les masques de beauté, la mascarade inerte d'un monde trop figé... 

Bas les masques ! Haut les masques ! Et vive l'Imposture, si Elle croit en ses chances de Devenir enfin l'Objet de son théâtre.